Carandiru

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L’usine est squattée depuis 12 ans. Avant, c’était une usine de serviette et d’habits de bébé. Le bâtiment principal et la réserve sont utilisés comme habitation. En ce moment 180 familles vive là. Le gouvernement d’état a fait comme promesse de les reloger.

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Sonia

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À cause du risque d’écroulement, Sonia, qui habitait au dernier étage du bâtiment principal a été dans l’obligation de déménager au rez de chaussé dans un deux pièces sans fenêtres, ni ventilation. L’appartement qu’elle habite actuellement est un ancien bureau de l’usine transformé en un deux pièces improvisés. La division entre les chambres est un simple rideau en tissu. Alors qu’elle raconte son histoire, les haricots chauffent et la télévision crie aussi fort qu’elle peut. Cette femme est arrivée à Carandiru il y a sept ans. Avant elle vivait à Jacarezinho.

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Elle est arrivé dans ce squat parce qu’elle n’avait plus les moyens de payer un loyer. Sonia est la seule adulte de la famille, qui compte quatre enfants et une adolescente, qui sont soit ses petits enfants, soit ses enfants. Elle n’a pas de mari. Elle travail sporadiquement, mais elle n’a jamais eu de contrat de travail. Elle dénonce vivement les conditions dans lesquelles elle vit. Les égouts inondent les couloirs et pénètrent dans son logement. Les moustiques attaquent férocement transmettant maladies et virus.

Ana Lucia

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Ana Lucia réside au second étage de cette immeuble “abandonné”. L’espace étroit qu’elle occupe est une division rustique d’ancien bureaux de la vieille usine fabriqué de bois et de matériaux de récupérations. Un trou dans le mur fait office de fenêtre et de ventilation laissant entrer l’air et la lumière. Elle décrit à quelle point elle est envahit par les rats et les moustiques, à quelle point sa santé est fragile à cause d’un problème de diabète sérieux. Sa santé est prise en charge par une unité locale de santé publique. Elle est venue de l’état du Espirito Santos à Rio de Janeiro il y a 30 ans avec ses 12 frères. Elle insiste sur le fait que toute sa famille souffre de maladie. Elle est arrivée à Carandiru parce qu’elle a perdu son ancien logement. 8 ans auparavant elle habitait avec sa mère. Lorsque cette dernière est morte, la propriété de la maison a été transféré aux noms de ses demi frères. Après ça, elle n’avait plus que la rue comme dernier recours.

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Ana raconte avec émotions qu’elle vivait avec ses deux petites filles, qui sont maintenant sous le contrôle de l’état et logent dans un foyer public. La mère des filles est accro au crack et vie dans la rue. 0 cause de son diabète, Ana a passé plus de deux mois hospitalisé. Par conséquent les filles ont du partir pour le foyer public. Elle dit leur rendre visite une fois par semaine pour leur apporter de la nourriture.

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À propos de Carandiru, elle explique que la présence massive de moustique met en danger la vie des habitants. Elle n’a pas d’eau courante chez elle, ce qui l’oblige à remonter des sceaux d’eau, passant par des escaliers étroits et glissants. Lors des jours de pluies, l’eau mélangée à celle des égouts pénètre chez elle et cause des problèmes aux enfants. « c’est un endroit qui nous oblige à demander de l’aide ».

Rosemari

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Rosemari est arrivée à Carandiru il y a 8 ans. Elle a habité plusieurs années avec une amie à Jacarezinho, un quartier limitrophe de Jacaré. À la suite d’une dispute avec sa camarade, elle fut expulsée de la maisonnette. Rosemari s’est retrouvée à la rue sans nulle part où aller. Aujourd’hui elle habite dans un coin du troisième étage de l’ancienne fabrique. Elle habite avec sa fille de onze ans qui se trouve être sa seule famille.

Pour gagner sa vie Rosemari ramasse les déchets recyclables dans la rue. Ainsi elle arrive à subvenir aux besoins nécessaires de sa famille. Elle affirme qu’elle n’a pas honte de sa profession même si elle souffert de discrimination par le passé alors qu’elle commençait son activité. À ce jour elle dit qu’elle est habituée à son travail et qu’elle ne souffre plus des préjugés dû à son emploi.

Margarida

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Margarida est une veuve de 67 ans. Elle habite avec cinq de ses petits enfants et deux de ses filles dans un abri situé dans la partie du vieil entrepôt dont il ne reste que la la structure métallique qui servait de charpente. Elle est née à Cataguases dans l’état de Minas Gerais, d’où elle a fuit la misère pour venir à Rio dans son enfance. Madame Margarida se lève difficilement du canapé. Elle se sent très fatiguée à cause des marches qu’elle fait toute la journée. Afin de récolter des déchets à recycler. La pénibilité de cette activité à affaiblit sa santé. Elle est diabétique et a souffert de deux attaques cardiaques. Bien qu’elle ait droit à la retraite, elle ne peut rien toucher comme argent car elle a perdu son contrat de mariage lors de l’écroulement de son ancienne maisonnette. Alors qu’elle habitait à Jacarezinho, une pluie intempestive détruisit son logement perdant tout ses biens et ses documents. Elle arriva à Carandiru grâce à l’aide de son fils. Elle exalte en parlant du service de santé offert par la clinique « de la famille ». Elle explique qu’après une longue période d’hospitalisation, elle pu rentrer chez elle et être traiter sur place par des infirmiers issu de l’hôpital public. «La maladie est une épreuve douloureuse mais pas invincible».

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Cirlei

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Cirlei est arrivée à Carandiru il y a huit ans, ayant été expulsé de chez elle. Elle vivait à Jacarezinho situé sur la colline surplombant le quartier de Jacaré. Elle vendu sa maison pour rechercher de la tranquillité dans le coin ouest de la ville au sein d’un projet d’habitation de l’état appelé Nova Sepetiba. Elle a passée là bas quelques mois avant d’être expulsée par une mafia locale. Alors qu’elle était en train de faire ses courses, une autre famille s’accapara la maison dans laquelle Cirlei habitait. La mafia locale avait vendu sa maison à quelqu’un d’autre sans même avoir son autorisation. La milice locale lui dit alors de rentrer dans la maison de quelqu’un d’autre sans aucune autorisation. Cirlei était à la rue quand une amie lui appris l’existence de Carandiru. Aujourd’hui elle habite là avec une de ses petites filles et une enfant qu’elle a adoptée car la famille de cette dernière la maltraitait. La fille fût «offerte» à Cirlei.

Cirlei critique le manque d’infrastructures sportives et d’aires de jeux pour les enfants dans la région. Elle se plaint également de l’absence d’ONG et du manque d’initiative sociale. «Ici les enfants n’ont aucun moyens d’évoluer».

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Alex

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Alex est un des premiers squatteur de Carandiru. Cela fait 12 ans qu’il s’est installé. Il est arrivé ici car il venait de commencer une famille et n’avait pas les moyens de payer un loyer. Sa maison est actuellement inhabitable. Les égouts qui inondent les alentours de la vieille usine sont entrés dans son abri de fortune. Il a réussi à emprunter un autre abri en bois, se trouvant juste en face d’ où il habite de manière précaire depuis plus d’une décennie. Alex est un assistant serrurier au chômage en ce moment. Il s’occupe en faisant des petits travaux chez les gens, ou il ramasse des déchets recyclables, ou bien encore il démonte et répare des appareils électroménagers. Il montre un micro-onde qu’il est en train de retaper, pour ensuite le vendre environ 8 euros. Alex est marié et a trois enfants. L’homme se plaint, entre autres choses, de la situation déplorable de l’invasion de moustiques à Carandiru. Ils attaquent son petit dernier, Alex junior, sans aucune merci. Il compte aussi sur l’aide de l’église catholique et protestante pour s’en sortir à nourrir sa famille quotidiennement. Les différentes églises lui proposent souvent des petits boulots. Le gouvernement fédéral à travers le programme «aides aux familles» transfert chaque mois sur son compte la somme dérisoire de 12 euros. Il ne peut survivre que grâce à la charité de tout un chacun; «ici les voisins sont tous solidaires».

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